Vérité, relations et chemin vers la réconciliation

Le 30 septembre est la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation au Canada, une journée pour rendre hommage aux enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux après avoir fréquenté les pensionnats, aux Survivants, à leurs familles et à leurs communautés, ainsi qu’aux générations qui continuent de porter les répercussions des politiques coloniales. C’est également l’occasion de réfléchir au travail que la réconciliation exige de la part des personnes, des institutions et des gouvernements partout au Canada.

La vérité sur l’histoire du Canada ne peut être dissociée du présent. Les pensionnats, la rafle des années 1960, la séparation continue des enfants autochtones de leurs familles ainsi que la répression des langues, des cultures et des savoirs autochtones ont eu, et continuent d’avoir, de profondes répercussions. Ces politiques s’inscrivaient dans des systèmes coloniaux plus vastes visant à déposséder les peuples autochtones de leurs terres, de leurs cultures, de leurs langues, de leurs systèmes de gouvernance et de leurs modes de vie. Pour de nombreuses familles et communautés autochtones, il ne s’agit pas d’événements historiques lointains, mais d’une mémoire vivante et d’une expérience vécue.

La réconciliation nous demande donc davantage que de nous souvenir. Elle nous invite à établir des relations fondées sur le respect, la réciprocité, la responsabilité et l’autodétermination, et à réfléchir à la manière dont les systèmes dans lesquels nous travaillons peuvent évoluer. Les 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation constituent une feuille de route pour aider les gouvernements, les institutions et la population canadienne à passer de la reconnaissance à des changements significatifs

Pour Renouer les savoirs Canada (RSC), ce travail s’inscrit dans une démarche Réconciliation par la recherche. Le Canada est le territoire de trois peuples autochtones distincts : les Premières Nations, les Inuit et les Métis. Ceux-ci regroupent des centaines de Nations et de communautés distinctes, ainsi que des langues, des cultures, des territoires, des lois et des systèmes de savoir qui leur sont propres. Réconciliation par la recherche ne peut pas consister à considérer les savoirs autochtones comme une perspective unique à ajouter aux approches existantes en matière de recherche et de production de connaissances. Elle exige plutôt d’examiner ces approches elles-mêmes et de créer un espace où les lois, les systèmes de savoir, le leadership et les priorités autochtones peuvent contribuer à façonner la manière dont la recherche est menée et les décisions prises.

RSC soutient la recherche dirigée ou codirigée par des Autochtones, qui met en relation les systèmes de savoir autochtones et occidentaux au moyen d’approches éthiques et respectueuses de la mise en relation des savoirs. Cela comprend le soutien aux communautés et aux gardiens et gardiennes du savoir afin qu’ils puissent définir les priorités de recherche, façonner les méthodologies, renforcer les capacités en recherche et déterminer comment les savoirs sont partagés et mis en application.

En 2025-2026, RSC a soutenu 44 initiatives partout au Canada, notamment trois Pôles de connaissancess fondés sur les distinctions dirigés par l’Assemblée des Premières Nations, Inuit Tapiriit Kanatami et le Ralliement national des Métis, 13 Pôles de connaissances axés sur le lieuet 15 initiatives d’apprentissage sur le terrain. Les photos ci-dessus présentent quelques-unes des initiatives qui nouent les savoirs sur le terrain partout au Canada.

Dans le cadre de ces travaux, la réconciliation prend de nombreuses formes : les savoirs cris et les noms de lieux autochtones qui éclairent la planification de l’utilisation des terres; les approches dirigées par des Autochtones qui façonnent la conservation des pêches et de la faune; les priorités de recherche autochtones qui éclairent la prise de décisions environnementales; et les initiatives d'apprentissage sur le terrain qui offrent aux jeunes des occasions d’apprendre les langues, les cultures, la gérance du territoire et les pratiques liées au territoire auprès des Aînés et des gardiens et gardiennes du savoir. 

Il ne s’agit pas simplement de différentes façons de recueillir de l’information. Ces approches reposent sur des relations avec les personnes, les terres, les eaux, les langues, les cultures et les générations, et contribuent à assurer la transmission des savoirs et des enseignements. Elles montrent également ce qui est possible lorsque le leadership et l’autodétermination autochtones occupent une place centrale dans la recherche et la prise de décisions.

La réconciliation est un travail continu. Elle exige d’écouter, d’apprendre, de faire évoluer les pratiques, d’établir des relations et d’assumer la responsabilité de ce qui vient ensuite.

À RSC, nous nous engageons à soutenir le leadership et l’autodétermination autochtones, à renforcer les capacités en recherche autochtone et à créer des espaces où les systèmes de savoir peuvent se rencontrer tout en respectant leurs fondements et leurs responsabilités propres. Ce travail est ultimement tourné vers les générations à venir : il vise à faire en sorte que les langues, les enseignements, les relations avec les terres et les eaux et les systèmes de savoir autochtones continuent de s’épanouir et d’être transmis. 

En ce 30 septembre, nous honorons la vérité, reconnaissons la force et la résilience des peuples autochtones et réfléchissons aux relations et aux responsabilités qui doivent guider le travail de réconciliation.