Responsable de la recherche : Courtney Mason (Université Thompson Rivers)
Les possibilités :
L’exploitation des ressources naturelles, le changement climatique et l’exode rural affectent de nombreuses communautés dans les régions montagneuses isolées de la planète. L’investissement dans les infrastructures touristiques, notamment par la création de parcs, constitue une stratégie de plus en plus adoptée par les communautés pour relever les défis ruraux et amorcer un développement économique plus durable. Par contre, l’histoire des expériences autochtones dans les parcs et les industries touristiques à l’échelle mondiale est marquée par l’exploitation, le déplacement et la perte culturelle (Cruikshank, 2005; Mason, 2014; Rangarajan, 1996; Neumann, 1998; Keller et Turek 1999). De nombreuses communautés autochtones du pays et du monde entier se retrouvent donc à la croisée des chemins.
Objectifs :
Comprendre comment la création de parcs et de zones protégées a historiquement affecté, ou affecte encore, des communautés autochtones des régions rurales de montagne du Canada et de la Nouvelle-Zélande; Examiner les différents niveaux de cogestion des parcs que les organismes gouvernementaux, les communautés autochtones et les collaborateurs internationaux mettent actuellement en place dans les régions rurales de montagne du Canada et de la Nouvelle-Zélande; Évaluer les risques, les avantages et la viabilité des parcs et des industries touristiques connexes dans les communautés autochtones des régions de montagne et rurales. Interpréter les politiques et les cadres juridiques relatifs à l’utilisation des terres, au tourisme et au développement économique qui façonnent les moyens de subsistance des populations autochtones rurales vivant près des régions de montagne du Canada et de la Nouvelle-Zélande.
Plan de recherche :
Afin de favoriser un processus de recherche collaboratif et centré sur les perspectives autochtones tout au long du projet de recherche, les méthodologies autochtones ont été utilisées. Les méthodologies autochtones mettent en lumière les relations de pouvoir inéquitables (Tuhiwai Smith, 2012) et contribuent à garantir que les intérêts des communautés sont reconnus et que l’accès au matériel sensible est protégé de manière appropriée (Bishop, 2005; Battiste et Henderson, 2000). Les principales méthodes de collecte de données ont été des entrevues avec des utilisateurs d’expérience du territoire et des cercles de partage avec des Aînés pour recueillir leurs récits oraux. Nous avons établi des relations solides entre les chercheurs et les communautés en passant de longues périodes auprès de celles-ci afin d’écouter les perspectives locales et d’en tirer des apprentissages directs.
Principaux résultats et impacts :
L’objectif de ce projet de recherche était d’éclairer les multiples dimensions de la participation passée et actuelle des peuples autochtones aux activités touristiques, et d’examiner la manière dont celle-ci s’articule avec les conceptions contemporaines de l’aménagement des parcs, de l’utilisation du territoire et des droits autochtones dans les régions rurales de montagne. Les résultats ont permis de mieux comprendre comment les expériences des Autochtones concernant les déplacements et les interdictions d’accès aux parcs ont influencé des décisions contemporaines sur la viabilité du tourisme et des parcs en tant que stratégies productives. Cette étude aidera des populations autochtones rurales du Canada et d’ailleurs dans le monde à exploiter leurs terres de manière à minimiser les risques pour les écosystèmes locaux, à accroître leurs possibilités économiques tout en soutenant la continuité de leurs pratiques culturelles. Cette recherche influencera les décisions politiques concernant le développement des terres et des ressources des Autochtones.