Utiliser les indicateurs de montagnes qui comptent le plus : surveillance menée par les Inuits sur l’environnement et la santé dans la réserve du parc national des monts Mealy
Les travaux de recherche de ce pôle de connaissances sont maintenant terminés!
Responsable de la recherche : Jamie Snook (Torngat Wildlife, Plants, and Fisheries Secretariat)
Les possibilités :
Des programmes de surveillance de l’environnement et de la santé, adaptés au niveau local et mis en œuvre en temps opportun, ont été identifiés comme une stratégie d’adaptation essentielle face aux changements des conditions environnementales et climatiques dans les régions de montagne. Les Inuits de la communauté de Rigolet au Nunatsiavut dans le Labrador dépendent depuis des générations des paysages de montagne du nouveau parc national des monts Mealy (PNMM) et de ses environs pour pratiquer leurs activités de chasse, de piégeage et de cueillette dans la région. Le Labrador est l’une des régions où le réchauffement est le plus rapide au Canada, et les changements liés au climat et les impacts environnementaux qui en découlent affectent à la fois les êtres humains et les écosystèmes. La communauté de Rigolet a exprimé le besoin de créer des plateformes de surveillance de l’environnement et de la santé adaptées à l’échelle locale et dirigées par les Inuits pour soutenir le bien-être des personnes, la saine gestion des écosystèmes et la vitalité des communautés.
Objectifs :
Ce projet sur l’utilisation des bons indicateurs de montagne cherche à élargir et à améliorer les systèmes de surveillance de la communauté de Rigolet afin de suivre et d’analyser les impacts du changement climatique sur la santé et le bien-être pour y répondre. Guidé par les principes de la recherche participative menée par la communauté, le projet poursuit quatre objectifs : 1) caractériser les indicateurs de montagnes qui comptent pour les Inuits; 2) élargir et améliorer les systèmes de surveillance de l’environnement et de la santé des communautés pour y inclure le PNMM; 3) examiner les déterminants climatiques de la santé et du bien-être des Inuits dans les régions de montagne; et 4) sensibiliser les communautés des régions montagneuses aux questions liées au climat et à la santé.
Plan de recherche :
Ce projet s’appuie sur plus de 10 années d’expertise en recherche sur le lien entre le climat et la santé, des travaux dirigés par le gouvernement de la communauté inuite de Rigolet. Ce projet a mobilisé une équipe de chercheurs inuits et d’ailleurs qui ont travaillé ensemble pendant cette décennie. La recherche et les objectifs du projet sur l’utilisation des bons indicateurs de montagne ont été définis par la communauté et visaient à répondre aux priorités des Inuits de la communauté. Cette recherche est menée par la communauté, et elle se veut participative et fondée sur des méthodes mixtes afin de mieux comprendre le lien entre le climat et la santé pour le PNMM. Les efforts pour y arriver s’articulent autour de trois activités principales : 1) déterminer les indicateurs de surveillance qui comptent, en fonction des connaissances inuites, pour caractériser les paramètres météorologiques, environnementaux et de santé spécifiques qui sont importants localement pour les Inuits; 2) créer une base de données gérée par la communauté pour servir de référentiel à long terme pour des données essentielles à la prise de décision, à l’alimentation des modèles et à l’élaboration de stratégies d’adaptation visant à renforcer la résilience communautaire. Cette base sera alimentée par les données de l’application de suivi eNuk (www.enuk.eco) et par le réseau proposé de stations météorologiques; et 3) établir les liens entre le climat, la société et la santé en utilisant les données de l’application eNuk élargie (observations environnementales, paramètres sociaux, résultats de santé), celles du réseau de stations météorologiques (variables climatiques), ainsi que des dossiers médicaux désidentifiés (données de santé).
Principaux résultats et impacts :
Cette recherche a permis de consolider et d’établir une liste de paramètres et d’indicateurs clés qui sont importants pour les Inuits de Rigolet et des environs, et d’étendre un système de surveillance dirigé par les Inuits au moyen d’applications de téléphonie mobile pour inclure la PNMM. Cette recherche visait également à promouvoir la capacité d’adaptation des Inuits en améliorant la capacité locale à détecter les répercussions actuelles et futures du changement climatique sur la santé et le bien-être des Inuits et du PMGI, et d’y réagir. Grâce à ces travaux, l’application eNuk démontre comment des systèmes de suivi dirigés par les Inuits peuvent servir à élaborer des programmes adaptés au contexte local à Rigolet et dans la région. Elle pourra également offrir aux décideurs et aux communautés des outils de gestion et des données ancrés dans — et guidés par — les valeurs, les savoirs et les sciences inuits. Ce type de programme de suivi a le potentiel de renforcer la résilience communautaire face aux changements environnementaux, tout en orientant les futures stratégies d’adaptation dans la région, de tout l’Inuit Nunangat, ainsi que dans d’autres communautés de régions de montagne.
Autres membres de l’équipe :
Ashlee Cunsolo
(Labrador Institute)
Sherilee Harper
(Université de l’Alberta)
Daniel Gillis
(Université de Guelph)
Charlie Flowers
(‘My Word’ Lab)
Jamie Snook
(Torngat Wildlife, Plants, and Fisheries Secretariat)
Michele Wood
(Nunatsiavut Government Department of Health and Social Development)
Film : HERD: Inuit Voices of the Caribou.
Réalisé par des Inuits des régions du Nunatsiavut et du NunatuKavut, au Labrador, ce nouveau film préserve et transmet les savoirs et les expériences inuits liés au caribou, grâce à la co-création d’un documentaire communautaire.
Le film met un visage humain aux bouleversements sociaux, émotionnels et culturels causés par les changements écologiques. Ces changements ont entraîné un déclin spectaculaire du caribou – entre autres une chute de 99 % de la population de la harde de la rivière George, jadis très importante.
Ce documentaire dresse un portrait des liens profonds qui unissent les humains et les animaux, donne un aperçu de la perte déchirante ressentie par des communautés entières et témoigne de manière durable de la résilience culturelle dans un contexte d’incertitude écologique.