Responsable de la recherche : Diana Allen (Université Simon Fraser)
Les possibilités :
Mesurer la sécheresse est un processus complexe, et tout particulièrement dans les régions de montagne en raison de leur diversité géographique et de la complexité des microclimats régionaux. La sécheresse est souvent subdivisée en sécheresse météorologique (déficit pluviométrique), sécheresse hydrique (niveaux d’humidité du sol inférieurs à la normale) et sécheresse hydrologique (disponibilité de l’eau (sub)superficielle inférieure à la normale), le terme «normal» étant défini par un percentile de la climatologie de la variable d’intérêt, et de la fréquence, de la gravité et de la durée des événements de sécheresse étant évaluées. L’analyse des sécheresses antérieures en Colombie-Britannique (C.-B.) indique que trois facteurs principaux sont en cause dans la fréquence des sécheresses : la faible accumulation de neige en hiver, les conditions météorologiques du printemps et celles de l’été. Pour qu’une sécheresse se produise, il faut souvent que deux des trois facteurs soient réunis. Le plan de réponse à la sécheresse de la C.-B. s’articule autour de quatre niveaux successifs (niveaux 1 à 4) de sécheresse. Les indicateurs de sécheresse de la C.-B. se réfèrent aux facteurs de causalité (conditions d’enneigement, précipitations printanières et estivales, sécheresse antérieure) et aux facteurs de résultat (débit des cours d’eau, niveaux des lacs et des réservoirs). Les niveaux des aquifères (eaux souterraines) sont des indicateurs supplémentaires, bien qu’il n’y ait pas de seuils quantitatifs associés.
Objectifs :
Le projet vise à combler cette lacune en s’associant au ministère de l’Environnement et de la Stratégie sur les changements climatiques de la Colombie-Britannique pour analyser conjointement les données historiques (neige, précipitations, débit des cours d’eau) et les données sur le niveau des eaux souterraines provenant du Provincial Groundwater Observation Well Network afin d’évaluer comment les réponses du niveau des eaux souterraines dans différents aquifères des régions de montagne de la Colombie-Britannique varient entre les années de sécheresse et les années sans sécheresse. Nous élaborerons des seuils quantitatifs d’indicateurs de sécheresse pour le niveau des eaux souterraines afin de caractériser le degré de gravité d’une sécheresse.
Plan de recherche :
Le projet a mis à l’épreuve les indicateurs de sécheresse liés aux aquifères dans le bassin versant de l’Okanagan, l’une des régions de la Colombie-Britannique où le stress hydrique est le plus important. Il y a eu une évaluation des outils réglementaires (modèles analytiques et temps de latence) pour estimer les impacts du pompage sur les besoins en débits environnementaux pour différents scénarios de sécheresse dans le bassin de l’Okanagan. Enfin, la sensibilité et la résistance à la sécheresse des aquifères du bassin versant de l’Okanagan ont été déterminées en utilisant les résultats de modèles hydrologiques numériques fondés sur le climat historique et les projections climatiques futures.
Principaux résultats et impacts :
Les résultats de ce projet ont servi à éclairer la gestion de la sécheresse en Colombie-Britannique, et ces approches pourront facilement être adaptées à d’autres régions de montagne. Les seuils quantitatifs d’indicateurs de sécheresse pour le niveau des eaux souterraines peuvent servir à planifier la réponse à la sécheresse, mais aussi à établir des objectifs provinciaux en matière d’eau. La mise à l’essai de ces indicateurs et des outils réglementaires utilisés par la province pour déterminer l’effet du pompage sur les débits des cours d’eau dans le bassin versant de l’Okanagan ont permis de les valider dans des conditions de sécheresse. Enfin, les aquifères identifiés comme étant plus résistants à la sécheresse dans le bassin de l’Okanagan pourraient offrir des sources d’eau alternatives pour répondre à la demande lors des périodes de sécheresse.