Dans le cadre de l’objectif du Réseau canadien des montagnes de soutenir la résilience et la santé des régions de montagne du Canada – à l’aide de décisions et de mesures prises à lumière de connaissances autochtones et occidentales – le projet de recherche Des collines considérées comme des montagnes : la valeur bioculturelle des hautes terres insulaires dans les plaines continentales vise à communiquer la valeur des hautes terres isolées situées dans les plaines et les prairies, à contribuer à leur protection et à orienter leur gestion socioécologique. Ce projet de recherche porte sur vingt hautes terres insulaires – des collines ou des petites montagnes présentes dans des paysages de plaine ou de prairie autrement assez plats – sélectionnés de manière systématique à l’aide d’un classificateur de montagne mondial des écozones canadiennes identifiées comme plaines ou prairies.
Le titre de ce projet – Des collines considérées comme des montagnes – reconnaît l’ambiguïté de ce qui est, ou n’est pas, une montagne, ainsi que la littérature et les connaissances nées de réflexions et de perceptions concernant les montagnes (Leopold 1949, Freudenburg et coll. 1995, Brayboy et coll. 2012. Le projet cherche à rapprocher des approches disciplinaires axées principalement sur les personnes (sciences de la santé et sociales, sciences humaines), la biodiversité (sciences de la vie) et les paysages physiques (sciences physiques) en tenant compte et en soulignant les nombreuses connexions et interdépendances qui relient le bien-être humain, les systèmes naturels et la biodiversité. Nous utilisons le mot géobioculturel pour souligner l’inclusion de la terre, du vivant et des personnes dans le projet. Le terme bioculturel a été utilisé ailleurs pour reconnaître les liens entre la nature, la culture et le bien-être à travers le prisme des relations entre la vie humaine et les autres formes de vie, enracinées dans des perspectives culturelles, des valeurs et des systèmes de connaissances sur le terrrain (Vaziri et coll. 2020. Cependant, nous nous sommes demandé si, dans le mot bioculturel, les montagnes et les collines ne se perdaient pas un peu. En cohérence avec notre formation disciplinaire, pour nous, géo fait référence à la terre ainsi qu’aux montagnes, collines, sols et eaux qui définissent les hautes terres insulaires; bio fait référence à la flore, à la faune et aux êtres humains de ces îlots; et culturel fait référence aux savoirs, aux langues, aux traditions, aux héritages coloniaux, aux moyens de subsistance et aux aspirations des populations qui ont été façonnées par ces lieux et continuent de les façonner. Donc, géobioculturel est un mot-valise qui, chaque fois que nous l’écrivons ou le disons, nous rappelle d’adopter une vision inclusive de notre perception de la terre, de la vie et des gens.