Le Centre d’innovation des aires de protection et de conservation autochtones du Pacifique englobe les régions montagneuses de la côte pacifique de la Colombie-Britannique. Cette région se caractérise par une grande diversité biogéoclimatique, incluant des forêts pluviales tempérées, des écosystèmes côtiers et marins, des estuaires, des zones humides, des forêts montagneuses et subalpines, la toundra alpine et des sommets glaciaires. Le saumon migrateur relie les forêts et les écosystèmes d’eau douce à l’océan.
La Colombie-Britannique compte 204 communautés des Premières Nations et 34 langues autochtones. Les peuples autochtones dépendent du saumon et d’autres espèces marines et d’eau douce, de diverses populations d’ongulés, de baies et de plantes racinaires indigènes. Cette abondance écologique, gérée pendant des millénaires par les peuples autochtones, a été profondément affectée par l’exploitation coloniale des ressources, notamment la coupe à blanc, la pêche industrielle, l’exploitation minière et les barrages hydroélectriques.
Les peuples autochtones sont de plus en plus éloignés de leurs lieux traditionnels de chasse, de pêche et de cueillette, tandis que les grandes exploitations agricoles et ranchs industriels empiètent sur les terres agricoles restantes, orientées vers l’exportation, compromettant la sécurité alimentaire locale et régionale pour tous. Ainsi, les régions montagneuses côtières de la Colombie-Britannique font face à des crises socio-écologiques multiples : déclin des forêts anciennes, diminution des populations de saumon, espèces en danger, changements climatiques (incendies, inondations, fonte des glaciers), pertes d’emplois dans le secteur forestier, insécurité alimentaire croissante et impacts de la COVID-19 sur le tourisme et les services.
La Colombie-Britannique se distingue géopolitiquement au sein du Canada en raison des droits et titres autochtones reconnus et de l’absence de traités. Cela a d’importantes implications politiques et juridictionnelles pour les aires de protection et de conservation autochtones (APCA), qui sont mises en œuvre depuis les années 1980 par les Premières Nations de la Colombie-Britannique sous la forme de Parcs tribaux.